samedi 3 septembre 2016

Scène atypique

























À Toulouse, au carrefour du théâtre, de la musique et de la danse, la saison multidisciplinaire et téméraire du Théâtre Garonne reste résolument ouverte sur le monde.
 

En ouverture de saison, plusieurs festivals toulousains investissent durant plusieurs semaines les salles du Théâtre Garonne. Dès le 8 septembre, l’inauguration d’Electro Alternativ est l’occasion d’apprécier deux figures de la scène électro : Rival Consoles et Robert Le Magnifique. Une séance spéciale du Fifigrot, Festival international du Film grolandais de Toulouse, propose une expérience immersive sur plusieurs écrans, où la projection de quelques films rarissimes sera accompagnée des musiques de Pierre Boulez, Steve Reich, Tony Conrad, Terry Riley, John Cale ou Neu!. Des installations vidéos et musicales du Canadien Stan Douglas et de l’Islandais Ragnar Kjartansson sont annoncées dans le cadre du Printemps de Septembre.

Côté théâtre, on retrouvera à deux reprises tg STAN, compagnie flamande associée au théâtre toulousain : l’Anversois Frank Vercruyssen jouera la célèbre pièce de Yasmina Reza "Art", avec deux acteurs de la compagnie néerlandaise Dood Paard ; "The Way she dies" est une relecture de l’"Anna Karénine" de Tolstoï, écrite par Tiago Rodrigues. Brillant acteur et metteur en scène portugais, ce dernier s’inspire de son côté d’une autre œuvre littéraire majeure avec "Bovary", interprété notamment par Jacques Bonnaffé. Deux spectacles de l’actrice Daria Deflorian et du danseur Antonio Tagliarini seront visibles : reprise de "Reality" qui restitue la vie quotidienne d’une femme polonaise ; "Il cielo non e un fondale" explore le paysage urbain contemporain.
 

Reprise indispensable des deux créations autobiographiques poignantes du performeur tarbais Jonathan Capdevielle: "Adishatz/Adieu" (photo) est un retour musical et percutant sur son entrée fracassante dans l’âge adulte ; "Saga" revisite librement son enfance rocambolesque dans une maison nichée au pied des Pyrénées. La Toulousaine Nathalie Nauzes poursuit avec "Acte" son exploration de l’œuvre du Suédois Lars Norén ; Joris Lacoste débarque avec "Suite n° 2", deuxième épisode de  "l’Encyclopédie de la Parole", sorte de bibliothèque de Babel qui traque sur tous les continents l’oralité sous toutes ses formes. Retour à Toulouse de deux valeurs sûres : Mladen Materic dirige une vingtaine d'acteurs serbes dans "l'Heure où nous ne savions rien l'un de l'autre", d'après un texte de Peter Handke ; le New-yorkais Richard Maxwell, auteur et metteur en scène, signe pour trois acteurs "The Evening", situé dans un bar paumé de l’Amérique profonde.
 

Les Grecs du Blitz Theatre Group organisent dans "Late night" un bal où ressurgissent les souvenirs d’une Grèce avant le désastre économique, et le Japonais Toshiki Okada organise un dialogue avec le passé dans "Time's journey through a room". "Le poète aveugle" du Belge Jan Lauwers questionne avec la Needcompany la notion d'identité dans l’Europe multiculturelle du XXIe siècle, et Sylvain Creuzevault revisite avec vingt interprètes le mythe de Faust. On attend avec impatience le retour de la chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues et du bricoleur équilibriste Camille Boitel. Le Ballet du Capitole reprend deux pièces de Maguy Marin puisées dans son répertoire : "Grossland" et "Eden (duo)". Outre l’incontournable rendez-vous printanier In Extremis, quelques concerts viennent aussi enrichir cette programmation résolument ouverte sur le monde.
 

Jérôme Gac
"Adishatz/Adieu" © Alain Monot
 

Théâtre Garonne, 1, avenue du Château d’Eau, Toulouse. Tél. : 05 62 48 54 77.

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