vendredi 4 mars 2016

Stalker



















Présentée à La Faïencerie de Creil, "Atomic Radio 137 live" est une création de Christophe Ruetsch autour de son carnet de voyage à Tchernobyl.

"Atomic Radio 137 live" est la version scénique d'une émission de l'Atelier de création radiophonique diffusée sur France Culture. «C'est la première fois que je travaillais pour un format radio, et à l'exception de quelques mails, j'ai été frustré par l'absence de partage avec le public. J'ai vraiment besoin de connaître des réactions et de partager cette expérience», confesse Christophe Ruetsch, compositeur membre du collectif toulousain éOle.
Déjà présentée à Toulouse, au Théâtre Garonne, cette création sonore réalisée au retour d'une résidence à Tchernobyl est scénographiée par Christophe Bergon.
 
De ce séjour aux abords de la centrale,
Christophe Ruetsch garde un puissant souvenir : «C'est une expérience très étrange, c'est très fort d'un point de vue esthétique et émotionnel. Il n'y a pas d'exotisme propre aux sites touristiques, la ville fantôme dans laquelle était hébergé le personnel de la centrale de Tchernobyl a été construite avec les mêmes matériaux et selon la même architecture que la ville dans laquelle je vis. La nature et les animaux continuent à vivre sans l'homme. Dans ce désert végétal, j'ai enregistré le vent, les oiseaux, les insectes avec une qualité d'écoute inégalée». Il a mis en musique les textes de son carnet de voyage (1), et d'autres commandés à Pascal Rueff. Le compositeur avoue avoir presque retrouvé la vision de cette expérience dans le film "Stalker", de Tarkovski... À apprécier ces jours-ci à La Faïencerie de Creil.

Jérôme Gac
photo © C. Ruetsch

 (1) Extrait du journal de C. Ruetsch:
«17 mai 2008, 10h00. Volodarka, zone non contaminée
Latitude 51° 4' 32"N / Longitude  29°41'  49"E / Réacteur n°4, 44 km.
J’ai lu le livre d’Igor Kostine hier soir dans le lit.
J’ai réalisé brutalement où j’étais aujourd’hui, le sarcophage, Pripiat.
La peur dans le lit d’être sale, contaminé.
Je ne pouvais plus bouger, même plus me toucher les cheveux.
Me laver maintenant, changer de vêtement, virer l’invisible.
J’ai frotté dur avec le gant.
La douche des liquidateurs qui se frottaient jusqu’au sang.»

Mardi 8 mars, 20h30, à La Faïencerie, allée Nelson, Creil.
Tél. : 03 44 24 47 30.

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