jeudi 24 mars 2016

New York - Amsterdam















Le festival In Extremis se poursuit au Théâtre Garonne avec la venue à Toulouse d’artistes américains et hollandais.
 
Rendez-vous annuel proposé par le Théâtre Garonne, In Extremis est l’occasion d’apprécier des artistes qui, pour la plupart, seront pour la première fois à l’affiche d’un théâtre en France. Programmation fleuve, In Extremis poursuit ainsi le cycle «Amsterdam Express» imaginé en partenariat avec le Théâtre Frascati de Mark Timmer, offrant un panorama de la nouvelle création hollandaise. Sont ainsi annoncés deux spectacles à découvrir au cours d’une même soirée : le «polar à l’envers» de Davy Pieters et une performance de Florentina Holzinger, deux artistes nés dans les années 80. 


On attend également le retour des Néerlandais du collectif De Warme Winkel, déjà venus à Toulouse avec "We are your friends", «un petit bijou de spectacle agit-prop dont le moins qu'on puisse dire est qu'il avait divisé le public», rappelle Stéphane Boitel, programmateur au Théâtre Garonne. Ce dernier prévient : «Ils sont de retour avec un spectacle moins polémique mais évidemment plus poétique, puisque inspiré de l'univers de l'écrivain Junishiro Tanizaki. Plus précisément, de son "Éloge de l'ombre", brillante méditation sur l'esthétique orientale (l'art de révéler mieux en montrant moins) ; et de "la Clef", un des plus beaux romans érotiques jamais écrits – entre autres raisons parce qu'il ne s'y dévoile pas grand-chose. Privilégier les lumières indirectes aux éclairages crus, la suggestion à l'imposition, l'imagination à l'exposition : voilà ce qui intéresse De Warme Winkel dans ce spectacle composé, éclairé, interprété selon les mêmes principes. Mais au-delà d'une sensuelle rêverie en clair-obscur autour d'un artiste majeur du siècle dernier, "Tanizaki" (photo) est aussi le portrait mordant - et en négatif, forcément - de la société occidentale contemporaine. Société qui, en tous domaines, chasse ombre et mystère au profit de la clarté et de la transparence, où une façon de pornographie des êtres et des consciences désenchante le monde. Une occasion immanquable pour les trublions de De Warme Winkel de tacler la société du spectacle sur son propre terrain…».


De son côté, le festival new-yorkais American Realness - rendez-vous incontournable de la scène chorégraphique internationale - présente une soirée réunissant les chorégraphes Dana Michel et Ligia Lewis. On attend enfin le retour du New-yorkais Trajal Harrell avec "the Ghost of Montpellier meets the samurai", où l’avant-garde et le populaire se bousculent dans un joyeux désordre, lorsque le chorégraphe Dominique Bagouet croise le fondateur du butô Tatsumi Hijikata.


Jérôme Gac

"Tanizaki" © Sofie Knijff

Jusqu’au 15 avril, au Théâtre Garonne,
1, avenue du Château d’Eau, Toulouse.
Tél. : 05 62 48 54 77.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire