dimanche 1 juillet 2012

Variations Shakespeare


















Retour sur une saison toulousaine marquée par la présence permanente sur les scènes de l'œuvre de William Shakespeare.
 

En guise de guide pour nous aider à décrypter le chaos du monde dans lequel nous tentons de survivre, l'œuvre de William Shakespeare s'est imposée cette saison à Toulouse avec une rare insistance. C'est ainsi que trois mises en scène de pièces du dramaturge anglais ont été vues au Théâtre national de Toulouse. "Macbeth" (photo) n'a guère convaincu dans la mise en scène de Laurent Pelly : direction d'acteurs plutôt improbable et distribution très inégale, avec la présence habitée de Thierry Hancisse et Marie-Sophie Ferdane de la Comédie-Française. «Je préparais déjà "Macbeth" à la mort de Kadhafi : la barbarie de l'humain et l'absurdité du pouvoir absolu se retrouvent totalement dans Shakespeare. Dans la pièce, il n'est question que du pouvoir pour le pouvoir. On n'y parle jamais de ce qui définit le pouvoir, il ne s'exerce pas. C'est comme une entité fantasmagorique. La spirale cauchemardesque est dans la paranoïa de le perdre, et de perdre l'idée d'être un surhomme», racontait le metteur en scène durant les répétitions.
 

Auparavant, "Othello" par la troupe de la Schaubühne de Berlin et son directeur Thomas Ostermeier s'imposait comme un des meilleurs spectacles vus cette saison à Toulouse. Plus tard, Olivier Py livrait le meilleur de lui-même dans un "Roméo et Juliette" dont il signait une nouvelle traduction aussi judicieuse que captivante. Quant à Dan Jemmett à Odyssud, il installait l'action de "la Comédie des erreurs" dans le décor d'une buvette de discothèque des années quatre-vingt, coincée en pleine fête de la bière. "Hamlet", retraduite par Joris Lacoste, était mis en scène par Gwenaël Morin dans un atelier du Théâtre Garonne.
 

Le Ballet du Capitole faisait entrer à son répertoire une aérienne "Tempête", de Mauricio Wainrot, créée en 2006 à Buenos Aires, d'après la pièce foisonnante de Shakespeare, sur des musiques pour le cinéma de Philip Glass. On citera deux autres "Roméo et Juliette" débordant de sensualité : la chorégraphie minimaliste et soignée de Thierry Malandain pour le Ballet Biarritz, à Odyssud ; la scène de l'étreinte entre les deux héros, insérée par Federico Garcia Lorca dans sa pièce "le Public" montée par Éric Sanjou au Ring. L'auteur espagnol l'a écrite pour deux hommes : l'irrésistible Reynald Rivart tenait le rôle de Roméo et le juvénile Pol Tronco celui de Juliette, nus et à contre-jour, dans un magnifique tableau sur la musique de Serge Prokofiev.
 

Jérôme Gac
"Macbeth" © Polo Garat / Odessa
 

Nouvelles saisons disponibles :
Théâtre du Capitole, place du Capitole, Toulouse.
Tél. : 05 61 63 13 13.
Théâtre national de Toulouse, 1, rue Pierre-Baudis, Toulouse.
Tél. : 05 34 45 05 05.
Théâtre Garonne, 1, avenue du Château d’eau, Toulouse.
Tél. : 05 62 48 54 77.
Théâtres Sorano et Jules-Julien, 35, allées Jules-Guesde, Toulouse.
Tél. : 05 81 91 79 19.
Odyssud, 4, avenue du Parc, Blagnac.
Tél. : 05 61 71 75 10.

Le Ring, 151, route de Blagnac, Toulouse. Tél. 05 34 51 34 66.

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